Guide du décret tertiaire 2026 : objectifs, dates clés, OPERAT

centre commercial soumis au décret tertiaire
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Le Décret Tertiaire, c’est une réglementation nationale qui oblige les entreprises à faire des économies d’énergie dans leurs bâtiments. Un objectif qui est louable, mais qui n’est pas toujours simple à mettre en œuvre sur le terrain.

Alors, pourquoi devriez-vous vous en soucier, et comment pouvez-vous vous y préparer ? Nous allons répondre à ces questions et bien d’autres, afin de vous aider à comprendre ce que ce décret signifie pour votre entreprise et pour l’environnement.  

Comprendre le décret tertiaire : résumé en 30 secondes

  • Le dispositif Éco Énergie Tertiaire issu de la loi ELAN impose une réduction progressive des consommations énergétiques.
  • L’obligation s’applique aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² avec déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT.
  • Objectifs chiffrés : -40% d’ici 2030, -50% en 2040, -60% en 2050 par rapport à une année de référence etre 2010 et 2019.
  • Concerne les propriétaires et les locataires, avec une responsabilité partagée sur les actions de performance énergétique.
  • Sanctions financières encadrées : 1 500 € pour personne physique, 7 500 € pour personne morale.
  • Système de notation publique « Éco Énergie Tertiaire » transformant la conformité en nouveau enjeu réputationnel.
  • Possibilité de modulation des objectifs via Dossier Technique de Modulation selon contraintes spécifiques.
DateObligationRisque si non-fait
1er juillet 2026Affichage attestation OPERAT obligatoireSanction administrative + publication sur le site de l’État (name & shame)
30 sept 2026Déclaration conso 2025 + DTM si modulationAmende jusqu’à 7 500 € par site et perte du droit à la modulation des objectifs
31 déc 2031Contrôle ADEME objectif -40%Forte décote brune de l’actif immobilier, sanctions financières et mise en demeure

Qu’est-ce que le Décret Tertiaire ?

Le Décret Tertiaire (dispositif Éco Énergie Tertiaire) est issu de l’article 175 de la loi ELAN (Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique). Entré en vigueur le 1er octobre 2019, il oblige les propriétaires et locataires de bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² à réduire progressivement leur consommation d’énergie finale. Le secteur tertiaire représente 45% des consommations énergétiques globales du pays et 27% des émissions de gaz à effet de serre en France — c’est précisément pour cette raison que le législateur a ciblé ce parc en priorité.

Zoom sur l’article 175 de la loi Elan, à l’origine du décret tertiaire

Revenons à la naissance de ce projet. C’est la loi Grenelle II qui a jeté les bases d’un dispositif ambitieux, visant à rénover en profondeur le parc de bâtiments tertiaires en France.

L’objectif était de moderniser ces structures pour les rendre plus éco-responsables et moins gourmandes en énergie. Un décret d’application a même été publié en 2017 pour donner corps à cette initiative. Cependant, en 2018, ce décret a été annulé, principalement en raison du délai jugé trop court pour que les professionnels du secteur puissent s’y conformer de manière adéquate. Cela a été un coup dur pour les ambitions de réduction de la consommation énergétique dans le secteur tertiaire.

 Heureusement,  la loi Elan, adoptée en 2018, a redonné vie à ce projet crucial.

C’est ainsi que le Décret Tertiaire est entré en vigueur le 1er octobre 2019. Désormais, il concerne environ 800 millions de mètres carrés de bâtiments tertiaires en France, qui deviennent le cœur d’initiatives visant à réaliser des économies d’énergie significatives.

L’objectif de la loi Elan est de réduire la consommation énergétique des bâtiments tertiaires.

C’est ce secteur qui contribue à hauteur de 27% des émissions totales de gaz à effet de serre en France.  Face à cette réalité, des mesures visant à réduire la consommation énergétique de ce secteur ont été envisagées pour atteindre des économies chiffrées à :
– 40 % d’ici à 2030,
– 50 % d’ici à 2040,
– 60 % d’ici à 2050.
Par rapport à une année présentant une consommation énergétique de référence (choisie entre 2010 et 2019). 
Ce décret représente un engagement fort en faveur de la transition énergétique dans le secteur tertiaire. 

Qui est assujetti au décret tertiaire ? Zoom sur les concernés

Le critère de surface : le seuil des 1 000 m²

La réglementation s’applique dès lors que la surface de plancher cumulée dédiée à des activités tertiaires est supérieure ou égale à 1 000 m².

Ce seuil s’apprécie selon trois configurations distinctes :

  • Le bâtiment mono-activité : Tout bâtiment hébergeant exclusivement des activités tertiaires sur une surface ≥ 1 000 m².
  • Le bâtiment à usage mixte : Toutes les parties d’un bâtiment (partagé par exemple avec de l’industriel ou du résidentiel) qui hébergent des activités tertiaires dont le cumul des surfaces atteint ou dépasse 1 000 m².
  • L’unité foncière ou le site : Un ensemble de bâtiments situés sur un même terrain ou site, dès lors que la somme des surfaces tertiaires de ces édifices atteint le seuil des 1 000 m²

➡️ Il est crucial de noter que le respect de l’obligation demeure même si, après l’entrée en vigueur du décret, la surface dédiée au tertiaire repasse sous la barre des 1 000 m².  L’assujettissement est considéré comme irréversible pour garantir la continuité des actions de réduction.

Un large spectre de secteurs d’activités

Le décret tertiaire couvre la quasi-totalité du secteur tertiaire marchand et non marchand. Les entreprises et collectivités doivent identifier leur catégorie d’activité pour déterminer leurs objectifs en valeur absolue. Parmi les secteurs concernés, nous retrouvons :

  • Bureaux et administrations : Sièges sociaux, centres d’appels, services publics.
  • Enseignement : Écoles primaires, collèges, lycées et universités (ce secteur représente environ 21 % de la surface assujettie au niveau national).
  • Commerce : Boutiques de détail, grandes surfaces alimentaires, centres commerciaux.
  • Santé et médico-social : Hôpitaux, cliniques, EHPAD (le secteur de la santé est l’un des plus énergivores, représentant plus de 20 % de la consommation du parc).
  • Hôtellerie et restauration : Hôtels, résidences de tourisme, restaurants traditionnels ou collectifs.
  • Logistique et transport : Plateformes logistiques, entrepôts chauffés ou climatisés, aérogares, gares ferroviaires.
  • Culture, sport et loisirs : Musées, salles de spectacle, gymnases, centres aquatiques.
  • Services spécialisés : Data centers, blanchisseries industrielles, imprimeries, centres d’exploitation informatique.

Les entreprises industrielles ne sont pas épargnées : si un site de production dispose de bureaux, de laboratoires ou de zones de stockage tertiaires dont la surface cumulée dépasse 1 000 m², ces surfaces entrent pleinement dans le périmètre du décret.


Propriétaires et locataires : une responsabilité partagée

Le décret désigne comme assujettis à la fois les propriétaires (occupants ou bailleurs) et les preneurs à bail. La transmission des données sur la plateforme OPERAT nécessite une coordination étroite entre ces acteurs.

En règle générale :

  • le bailleur transmet les données liées à l’enveloppe du bâtiment et aux systèmes techniques communs,
  • tandis que le locataire déclare les consommations liées à ses usages propres et à son exploitation.

➡️ Dans le cas d’une copropriété, le syndic joue un rôle pivot pour centraliser les informations de consommation des parties communes et coordonner les actions de performance énergétique à l’échelle de l’immeuble.

Le cas particulier des bâtiments neufs

Le dispositif s’applique également aux constructions récentes.

Contrairement aux bâtiments existants, un bâtiment neuf à usage tertiaire doit immédiatement atteindre les seuils en valeur absolue définis par arrêté dès sa livraison, sans bénéficier d’une année de référence historique.

Les locaux à un usage tertiaire intégrés dans des programmes neufs mixtes (bureaux + commerces, par exemple) sont soumis aux mêmes exigences dès lors que la surface de plancher cumulée dépasse 1 000 m².

Cette contrainte doit donc être anticipée dès la phase de conception, notamment en intégrant des solutions de pilotage énergétique et d’autoconsommation pour garantir la conformité à long terme et limiter les émissions de gaz à effet de serre du parc.

Quels bâtiments sont exemptés du décret tertiaire ?

Certains bâtiments bénéficient d’exemptions spécifiques malgré le dépassement du seuil des 1 000 m². Ces dérogations concernent trois catégories principales définies par le Code de la construction et de l’habitation.

  • Les constructions provisoires ayant obtenu un permis de construire à titre précaire échappent aux obligations. Cette exemption vise les installations temporaires dont la durée d’exploitation limitée ne justifie pas d’investissements énergétiques lourds.
  • Les lieux de culte sont également exemptés, reconnaissant leurs spécificités architecturales et leurs contraintes patrimoniales relatives au respect du patrimoine religieux.
  • Les bâtiments dédiés à la défense, à la sécurité civile ou à la sûreté intérieure du territoire bénéficient d’une exemption pour des raisons de confidentialité opérationnelle et de secret des affaires.

Ces exemptions restent limitées : la majorité du parc tertiaire demeure assujettie, représentant plus de 800 millions de m² de surface concernée par la transition écologique.

Sur quoi porte exactement le décret tertiaire ?


Le nouveau décret tertiaire utilise le terme « actions » pour désigner toutes les solutions utilisées pour réaliser des économies d’énergie. Par « actions », le décret entend :

  • Les travaux de rénovation énergétiques dans leur ensemble
  • Les gestes du quotidien et bonnes pratiques


Toutefois, les actions peuvent porter sur l’évolution du comportement des personnes physiques du bâtiment, tout comme l’amélioration technique des performances énergétiques du bâtiment.


Dans le même temps, il peut également s’agir de la mise en place de nouveaux équipements (et de dispositifs de contrôle et de gestion), ou encore la révision des modalités d’exploitation de vos équipements actuels.

Quels sont les objectifs du décret tertiaire aux horizons 2030 et 2050 ?

  • – 40 % d’ici à 2030,
  • – 50 % d’ici à 2040,
  • – 60 % d’ici à 2050.

Deux méthodes permettent d’atteindre ces objectifs : la valeur relative (pourcentage de réduction) ou la valeur absolue (seuils en kWh/m²/an définis par arrêté selon l’activité). Cette flexibilité méthodologique s’adapte aux spécificités sectorielles tout en maintenant l’ambition réglementaire.

Réduire la consommation finale d’énergie selon une valeur relative

La méthode relative constitue l’approche de référence pour la majorité des assujettis au décret tertiaire. Cette obligation réglementaire calcule les réductions par rapport à une année de référence choisie librement entre 2010 et 2019, permettant d’optimiser la trajectoire selon le profil énergétique historique de chaque site.

Concrètement, un bâtiment consommant 200 kWh/m²/an en 2015 (année de référence retenue) devra atteindre 120 kWh/m²/an en 2030 pour respecter l’objectif de -40%. Cette amélioration de l’efficacité énergétique s’appuie sur des actions diversifiées : travaux d’isolation, modernisation des équipements de chauffage, place d’un système de pilotage intelligent ou sensibilisation des occupants.

L’avantage principal réside dans la responsabilité respective en fonction des spécificités de chaque patrimoine, contrairement aux seuils absolus uniformisés par secteur.

Atteindre un seuil de consommation en valeur absolue (kWh/m²/an) 

En plus des objectifs de réduction relative, le Décret Tertiaire propose une approche basée sur la valeur absolue. Cette approche consiste à atteindre un seuil de consommation d’énergie finale déterminé en kWh par mètre carré par an (kWh/m²/an). Ce seuil est fixé en fonction de la consommation énergétique des nouveaux bâtiments de la même catégorie.

Comment connaître son objectif à atteindre ?

Pour cette partie, nous vous conseillons de faire appel à un energy manager qui pourra effectuer les calculs réglementaires et vous proposer la méthode de calcul la plus avantageuse pour votre entreprise, en fonction de votre consommation.

Capitole Énergie vous accompagne pour vous mettre en conformité avec le décret tertiaire. Vous n’avez rien à faire, nous nous occupons de tout. Du fichier patrimonial jusqu’à la déclaration en passant par le calcul de votre objectif.

Les cas autorisés de modulation en 2026 :

  • Contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales : Si la configuration du bâtiment (structure porteuse, emprise au sol) ou des règles d’urbanisme liées à la protection du patrimoine empêchent la réalisation de certains travaux d’efficacité énergétique.
  • Disproportion économique : Si le coût des actions de réduction est manifestement excessif par rapport aux économies d’énergie générées. Le calcul doit s’appuyer sur un temps de retour sur investissement dépassant les seuils fixés par la réglementation.
  • Changement de volume d’activité : Si votre activité tertiaire s’intensifie (augmentation du nombre d’occupants ou des horaires d’ouverture), les objectifs peuvent être ajustés via les indicateurs d’intensité d’usage déclarés sur OPERAT.

La procédure d’activation : L’activation de la modulation passe obligatoirement par le dépôt d’un Dossier Technique de Modulation (DTM) sur la plateforme OPERAT avant le 30 septembre 2026 pour le premier cycle décennal. Ce dossier doit être rédigé par un bureau d’études ou un expert qualifié et comprendre une étude énergétique complète, une analyse des leviers d’action et une justification argumentée des freins rencontrés.

L’expérience montre que les dossiers les mieux préparés sont ceux qui intègrent une vision globale du patrimoine.

Quelles sont les dates clés de la mise en œuvre du décret tertiaire ?


Le calendrier comportant les différentes étapes du décret tertiaire est le suivant :

  • 01/10/2019 : entrée en vigueur du décret tertiaire
  • 1er juillet 2026 : Fin de la phase transitoire et affichage obligatoire. Cette date marque la fin de la période de souplesse accordée par l’administration pour la familiarisation avec les nouveaux outils numériques. À compter de ce jour, l’attestation numérique annuelle, générée par la plateforme OPERAT, devient le document de référence. Elle doit être téléchargée et, pour de nombreuses structures, faire l’objet d’un affichage public au sein des locaux. Cet affichage permet de situer la performance du bâtiment par rapport aux objectifs de réduction grâce à la notation « Éco Énergie Tertiaire ».
  • 30 septembre 2026 : Échéance annuelle de déclaration des consommations. Comme chaque année, vous devez avoir transmis les données de consommation d’énergie finale de l’année précédente (2025) avant cette date butoir. Cette déclaration annuelle est indispensable pour maintenir la validité de votre attestation et suivre votre trajectoire vers l’objectif 2030.
  • 30 septembre 2026 : Date limite pour le Dossier Technique de Modulation (DTM). C’est sans doute l’échéance la plus stratégique de l’année. 2026 est l’année charnière pour déposer vos dossiers techniques visant à justifier une modulation des objectifs. Si votre bâtiment présente des contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales, ou si le coût des actions de rénovation est disproportionné par rapport aux bénéfices attendus, c’est avant cette date que vous devez apporter les preuves nécessaires sur OPERAT. Sans ce dossier validé, les objectifs de -40 % pour 2030 resteront la norme stricte applicable à votre site.
  • 31 décembre 2031 : Le premier grand rendez-vous de contrôle Bien que l’échéance soit plus lointaine, tout se joue dès maintenant. C’est à cette date que l’ADEME effectuera les premières vérifications nationales pour valider l’atteinte effective de l’objectif de 2030

Ce que vous devez avoir fait avant ces échéances

Pour sécuriser votre conformité, assurez-vous d’avoir finalisé l’inventaire de vos Entités Fonctionnelles Assujetties (EFA) et d’avoir fiabilisé vos données de consommation 2025. Si vous envisagez une modulation, l’anticipation est de mise : la constitution d’un DTM nécessite des études énergétiques approfondies et des justificatifs chiffrés que nos experts peuvent vous aider à structurer.

Zoom sur la Plateforme OPERAT 

Comment créer son compte sur la plateforme OPERAT ?

Sur la plateforme OPERAT, pour créer un compte, vous devez cliquer sur « S’inscrire ». On vous demandera ensuite de renseigner un certain nombre d’informations. D’autre part, il est tout à fait possible de déléguer la transmission de ces informations sur la plateforme OPERAT à des prestataires extérieurs.

Comment fonctionnent OPERAT et les déclarations 

OPERAT centralise trois fonctions essentielles pour votre conformité au décret tertiaire.

  • La plateforme calcule automatiquement vos objectifs réglementaires en croisant vos données de consommation avec les seuils définis par arrêté ministériel.
  • Chaque Entité Fonctionnelle Assujettie (EFA) que vous déclarez génère une attestation numérique annuelle, obligatoire depuis l’arrêté du 1er août 2025. Cette attestation matérialise votre avancement et peut servir de justificatif lors d’audits réglementaires.
  • La délégation de transmission reste possible : vous pouvez mandater un prestataire ou gestionnaire de réseau pour effectuer vos déclarations. L’API développée depuis 2023 permet d’automatiser ces échanges via des logiciels d’Energy Management.

Les données à renseigner

Chaque Entité Fonctionnelle Assujettie (EFA) doit transmettre un ensemble précis d’informations sur OPERAT.

  •  Les données administratives incluent l’adresse, le SIRET, les surfaces par activité tertiaire et le statut d’assujettissement (propriétaire occupant ou preneur à bail).
  • Les consommations énergétiques annuelles constituent le cœur de la déclaration : électricité, gaz naturel, réseaux de chaleur, combustibles, par type d’énergie et par usage. L’année de référence (entre 2010 et 2019) avec ses consommations sur douze mois complets reste modifiable jusqu’au 30 septembre 2026.
  • Les indicateurs d’intensité d’usage permettent d’ajuster les objectifs selon l’évolution de l’activité. Pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables, la consommation globale liée à la recharge des véhicules électriques doit être sous-comptabilisée si des bornes existent sur site.

Ce qui a changé en 2026

L’année 2026 marque un tournant définitif pour le dispositif Éco Énergie Tertiaire avec l’entrée en vigueur opérationnelle des dispositions de l’arrêté du 1er août 2025.

1.Ce texte, publié au Journal officiel le 6 septembre 2025, vient clore la phase de mise en place en définissant les dernières valeurs absolues (dites « valeurs absolues VI ») pour des secteurs jusqu’ici en attente : commerces de détail, audiovisuel (cinémas), services funéraires, banques et certaines sous-catégories de bureaux.

 Désormais, 100 % de la consommation estimée du parc assujetti est couverte par un référentiel réglementaire complet.

2. La nouveauté la plus visible pour les gestionnaires est la généralisation de l’attestation numérique OPERAT.

Fini les modèles PDF figés et les saisies manuelles déconnectées : la plateforme de l’ADEME génère désormais automatiquement un document standardisé après chaque validation de données. Cette attestation intègre la note « Éco Énergie Tertiaire » (de 1 à 3 feuilles) calculée après correction des variations climatiques. Jusqu’au 1er juillet 2026, une phase transitoire permettait encore une certaine souplesse, mais cette période est désormais révolue, rendant l’évaluation et l’affichage public de ces performances obligatoires pour les sites concernés.

3.L’année 2026 se caractérise par un suivi renforcé et une convergence des règles. Les bâtiments publics (collectivités, universités, hôpitaux) sont désormais soumis aux mêmes exigences de rigueur que le secteur privé, avec des contrôles accrus de la part des DREAL.

4. La plateforme OPERAT a également évolué avec denouvelles fonctionnalités de benchmark, permettant de comparer les performances d’une entité fonctionnelle par rapport à la moyenne de sa catégorie d’activité, accentuant ainsi la pression vers l’efficacité énergétique.

Vos obligations concrètes en 2026

  • En 2026, votre première obligation reste la déclaration annuelle des consommations.

Vous devez transmettre sur OPERAT les données de l’année 2025 avant le 30 septembre 2026. Cette démarche est garante de la validité de votre attestation numérique annuelle. Une omission ou une erreur de saisie peut fausser votre trajectoire et dégrader votre notation publique, impactant directement la valeur verte de vos actifs.

  • La mise à jour des données structurelles est également cruciale cette année.

Avec l’affinage des typologies d’activités introduit par l’arrêté de 2025, de nombreux assujettis doivent revoir leur maillage par bâtiment ou par entité fonctionnelle pour s’assurer que les objectifs en valeur absolue appliqués sont les bons. C’est aussi l’ultime fenêtre pour ajuster votre année de référence si de nouvelles factures historiques ont été retrouvées, permettant d’optimiser mécaniquement votre effort de réduction.

  • L’obligation d’attestation et d’affichage devient une réalité opérationnelle au 1er juillet 2026.

Pour les bâtiments recevant du public ou appartenant à des structures étatiques, la note Éco Énergie Tertiaire doit être visible. Il ne s’agit plus seulement de déclarer, mais de prouver que les actions de réduction mises en œuvre (pilotage, travaux, sensibilisation) produisent des résultats concrets en phase avec l’échéance 2030.

Comment se mettre en conformité ? Les erreurs à éviter

La mise en conformité repose sur une méthode structurée en trois piliers : l’inventaire, la fiabilisation et l’action.

La première étape consiste à définir précisément votre périmètre d’assujettissement.

L’erreur la plus répandue réside dans un mauvais périmètre de déclaration. Beaucoup d’assujettis se concentrent sur les bâtiments de plus de 1 000 m² pris isolément. Or, c’est bien la somme des surfaces par unité foncière qui détermine l’assujettissement, et non chaque bâtiment pris isolément. Cet angle mort peut entraîner des sanctions pour non-déclaration. De même, la confusion entre les responsabilités des propriétaires et des locataires mène souvent à des données incomplètes ou à des doubles saisies sur OPERAT, compliquant inutilement le suivi réglementaire.

Un audit initial permet de sécuriser ce périmètre et d’identifier chaque entité fonctionnelle devant faire l’objet d’un reporting.

Vient ensuite la phase de fiabilisation des données.

Pour répondre au décret tertiaire, la collecte manuelle des factures montre vite ses limites. L’utilisation de dispositifs de contrôle et de logiciels d’Energy Management permet d’automatiser la transmission des données via les gestionnaires de réseau. 

Car un autre piège majeur est l’absence de pilotage dynamique. Se contenter d’une déclaration annuelle sans suivre ses consommations au mois le mois empêche toute correction de trajectoire. En cas de dérive liée à un dysfonctionnement technique (climatisation mal réglée, fuite énergétique), l’entreprise ne s’en aperçoit qu’au moment du bilan annuel, perdant ainsi une année précieuse sur son objectif 2030. Le décret tertiaire n’est pas une taxe, c’est un outil de gestion qui nécessite une gestion active pour être efficace.

Cette transmission des données doit être fiabilisée en amont : adresses, SIRET, surface de plancher cumulée par catégorie d’activité et statut d’assujettissement sont autant d’informations à vérifier avant chaque déclaration sur OPERAT.

Cette précision est indispensable pour calculer une consommation d’énergie finale juste, déduite des consommations liées à la recharge des véhicules électriques ou à la production de chaleur fatale, comme l’autorise la réglementation pour ne pas pénaliser les efforts de décarbonation.

Enfin, la conformité passe par l’élaboration d’un schéma directeur énergétique.

La vision court-termiste consistant à ne miser que sur les éco-gestes est un pari risqué. Si la sensibilisation est un levier peu coûteux, elle ne suffira pas à atteindre les -50 % ou -60 % des décennies suivantes. L’angle mort ici est l’anticipation des travaux lourds. Ne pas intégrer la rénovation énergétique dans les cycles de maintenance naturelle du bâtiment (ravalement de façade, remplacement de chaufferie) condamne l’entreprise à des investissements d’urgence beaucoup plus onéreux à l’approche des échéances de contrôle.

Ce plan d’action doit prioriser les investissements à fort temps de retour : isolation thermique, installation d’équipements performants (systèmes de régulation CVC, éclairage LED, GTB/BACS pour les puissances > 290 kW) et outils de suivi en temps réel.

Les actions de sobriété immédiates (réglage des consignes de température, sensibilisation aux comportements des occupants, adaptation des locaux à un usage économe en énergie) constituent cepandant toujours le premier levier mobilisable sans investissement lourd.

Sanctions et contrôles : au-delà de l’amende

En cas de non-respect, la procédure se déroule en trois temps.

D’abord, une mise en demeure par le préfet est adressée à l’assujetti défaillant.

 Sans régularisation, les sanctions financières s’appliquent :

  • une amende administrative jusqu’à 1 500 € par bâtiment pour une personne physique
  • et jusqu’à 7 500 € pour une personne morale, renouvelable chaque année tant que la non-conformité persiste. 

Mais le mécanisme du « name & shame » est l’arme la plus redoutable : en cas d’absence de déclaration ou de non-atteinte des objectifs sans justification recevable, le nom de l’entreprise est publié sur un site étatique.

Dans un contexte où les critères ESG sont scrutés par les investisseurs, les clients et les futurs talents, cette publicité négative peut s’avérer dévastatrice pour l’image de marque.

Le risque réputationnel se double alors d’un enjeu de transparence vis-à-vis des parties prenantes. L’attestation numérique annuelle avec sa note en « feuilles » devient un indicateur de performance extra-financière standard. Un mauvais score signale un actif obsolète, difficile à louer ou à revendre. À l’inverse, une excellente note valorise le patrimoine et rassure les partenaires bancaires dans le cadre de financements « verts ».

L’impact financier indirect est sans doute le plus lourd. Un bâtiment non conforme subit une « décote brune » immédiate sur le marché immobilier.

De plus, l’absence de pilotage énergétique expose l’entreprise de plein fouet à la volatilité des marchés de l’énergie. En 2026, avec la hausse confirmée des tarifs de transport (ATRT8) et l’évolution des taxes, le coût de l’inaction dépasse largement celui de la mise en conformité. Le respect du décret devient ainsi une assurance contre l’inflation énergétique.

Choisir l’accompagnement à la conformité décret tertiaire, c’est passer de la contrainte réglementaire au levier de performance

Le décret tertiaire, bien que perçu comme une contrainte, offre une opportunité unique d’optimisation des coûts opérationnels.

 En scrutant chaque kWh consommé, les entreprises découvrent souvent des gisements d’économies cachés : contrats mal calibrés, équipements énergivores inutiles ou erreurs de facturation.

Cette rigueur budgétaire renforce la compétitivité, surtout dans un marché de l’énergie instable.

C’est aussi un outil majeur de maîtrise des risques et de valorisation des actifs.

Un bâtiment performant est un bâtiment résilient face aux crises énergétiques et aux futures évolutions législatives.

En anticipant les seuils de 2040 et 2050 dès aujourd’hui, vous sécurisez la valeur de revente de votre patrimoine et attirez des locataires exigeants sur leur propre bilan carbone. La notation OPERAT devient un label de qualité immobilière.

Enfin, cette démarche ouvre l’accès à des dispositifs de financement qui réduisent significativement le coût de la mise en conformité.

Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) peuvent transformer un projet de rénovation en opération quasi-neutre financièrement. Couplés à des solutions de pilotage continu et à un accompagnement expert sur l’ensemble du parc, ils permettent de viser simultanément la conformité réglementaire, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la valorisation des actifs.

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Auteur.rice de cet article

Mylène PROST
Avec une très solide expérience en Marketing, Mylène rejoint Capitole Énergie fin 2021. D’abord Responsable Marketing et Communication, elle y pilote des projets clés pour structurer la visibilité et l’identité de l’entreprise : mise en place des relations presse, refonte complète du site internet, création du catalogue produit, lancement du blog corporate dont elle rédige les premiers articles. Elle évolue ensuite comme Directrice Commerciale et Marketing, avant d’être nommée Directrice des Opérations en septembre 2024. À ce poste, elle supervise l’ensemble des services opérationnels de l’entreprise, avec un objectif clair : faire grandir les équipes tout en renforçant l’efficacité collective.

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