10 janvier 2022

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Marché de l’énergie : Analyse semaine du 3 Janvier 2022

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Chaque semaine, les experts de Capitole Energie analysent le marché de l’énergie pour apporter aux clients un éclairage sur l’évolution des prix du marché de l’énergie.

Chaque semaine, nos experts analysent le marché de l’énergie pour vous apporter un éclairage sur l’évolution des prix du marché de l’énergie. Retrouvez notre analyse pour la semaine du 3 Janvier 2022 ci-dessous :

Le marché de l’électricité

Le début de l’année 2022 est synonyme de forte volatilité sur les marchés électriques européens, et plus particulièrement français. Alors que la période de fêtes était accompagnée de températures plus douces que d’accoutumée, un recul important des prix des contrats calendaires sur l’année 2023 avait été initié. Cette semaine toutefois les contrats pour une livraison 2023, 2024, et 2025 repartent à la hausse. En fin de semaine, les Cal 2023, 2024 et 2025 ont gagné respectivement 5,22 €/MWh, 7,24 €/MWh et 4,42 €/MWh soit une variation respective de +4,10%, +8,12% et de +5,11% sur la semaine. Les prix spots, quant à eux, s’établissent toujours à des niveaux très élevés, notamment ce lundi 10 janvier avec un prix jour+1 autour de 261,25 €/MWh (+172,11 % par rapport à la session précédente).

Une demande d’électricité qui augmente avec des températures qui reviennent vers les normales de saison

Du côté de la demande d’électricité, elle tend à s’accroître avec le retour des températures vers les normales de saison. Dans le même temps, les prix de l’électricité sont soutenus par un prix du gaz naturel qui repart à la hausse depuis le début de semaine. Les inquiétudes sur la disponibilité du nucléaire français pour les mois d’hiver à venir persistent. Le jeudi 6 janvier, EDF annonçait que l’arrêt d’un réacteur de la centrale de Chooz (dans les Ardennes) serait prolongé de trois mois supplémentaires pour des questions de sûreté. Au total, l’arrêt récent de quatre des réacteurs les plus puissants du parc nucléaire prive la France de près de 10% de sa capacité totale au moment même où elle en aura le plus besoin. Néanmoins, le gouvernement envisage sérieusement d’assouplir les limites d’utilisation des centrales à charbon en janvier et en février pour réduire le risque de défaut d’approvisionnement électrique des français.

Source : EEX, EnergyScan

Les perspectives d’évolution du prix de l’électricité

Pour l’année 2022, les perspectives d’évolution du prix de l’électricité à la baisse restent difficiles à anticiper. La hausse brutale et soutenue du prix du gaz naturel, des quotas CO2, et des énergies de manière générale vont dans ce sens. Les centrales à gaz resteront vraisemblablement les dernières unités de production marginales appelées, alors même que les prix de cette énergie fossile se maintiennent à des niveaux très élevés.

Le marché du Gaz

Cette semaine, les prix du gaz naturel repartent à la hausse dans un contexte de hausse de la demande en raison de températures plus froides et d’un approvisionnement gazier en berne à la fois en provenance de Russie comme de Norvège. Bien que de plus en plus de méthaniers arrivent sur les côtes européennes, la forte demande induit une hausse significative des prix de marché alors que les stocks demeurent très bas. En milieu de semaine, une maintenance imprévue sur le gisement gazier norvégien d’Oseberg avait là encore fait peser des pressions sur l’approvisionnement gazier européen, et donc sur les prix. Du côté russe, les volumes injectés restent relativement stables, autour de 180 mm cm/jour en moyenne, un niveau bien inférieur au niveau d’avant covid à la même période. Entre lundi et vendredi, les contrats Cal 2023 et Cal 2024 gagnent respectivement 2,89 €/MWh et 1,18 €/MWh, soit une variation respective de +4,10 % et de +8,12%.

Source : EEX

Les perspectives d’évolution du prix du gaz

Les perspectives pour 2022 sont relativement pessimistes, avec une certification du gazoduc Nord Stream II qui n’arrivera pas avant la mi-juin, des pressions géopolitiques fortes entre la Russie et l’Europe, des stocks faibles à cette période de l’année ou encore une demande en hausse dans un contexte de transition énergétique qui ne pourra s’opérer sans tenir compte du gaz naturel dans le mix énergétique européen.

Le marché du Charbon et Pétrole

Du côté de l’or noir, les cours remontent depuis le début de semaine malgré les annonces de l’OPEP+ de la semaine précédente réaffirmant leur désir d’augmenter progressivement leur production pour répondre à une demande modérée et ainsi faire baisser le prix. Toutefois, il s’avère que ces annonces très médiatisées n’aient pas été suivies par des actes. D’après une étude menée par Bloomberg, l’OPEP+ produirait même moins encore que ce qu’elle ne devrait. Cette nouvelle constatation devrait donc soutenir le prix du baril, tant les inquiétudes sur la férocité du variant Omicron commence à se dissiper malgré le taux de contamination élevé. Le vendredi 7 janvier le contrat WTI mois+1 clôture à 78,90 $/bbl, soit +3,71 % sur la semaine.

La consommation mondiale de charbon progresse fortement

Enfin, le charbon progresse également à la fois sur les marchés asiatiques qu’européens. La consommation mondiale de charbon ne cesse de progresser, et la France ne fait pas exception. Comme nous l’avions indiqué plus haut, les dernières centrales à charbon françaises vont être fortement sollicitées cette hiver. On parle même de faire passer un décret pour faire tourner ces centrales polluantes à plein régime, tant le risque de pénurie d’électricité au plein cœur de l’hiver est grand. Alors que les centrales à charbon sont généralement appelées 700 heures chaque année, les centrales pourraient tourner près de 1000 heures pour les seuls mois de janvier et février 2022. Preuve qu’il faille encore compter sur le charbon, même en France, pour faire face à la situation exceptionnelle actuelle. Cette hausse de la production d’électricité à partir de charbon en Europe pourrait continuer à soutenir le prix du CO2. Le vendredi 7 janvier, le contrat API2 Cal 2023 clôture à 98,85 $/t (+8,14 % sur la semaine).

Ailleurs dans le monde, un des principaux exportateur de charbon, l’Indonésie, continue d’interdire les exportations nationales pour pallier au risque de pénurie d’électricité. En effet, les stocks de l’entreprise publique de fourniture d’électricité sont au plus bas. Tous ces éléments, en Asie comme en Europe, contribuent à soutenir les prix mondiaux du charbon.

Note d’Analyse par :
Loïc Arilaza
Analyste Pricing, Capitole Energie

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2 Commentaires

  1. Mylène PROST

    Merci Loic pour cette analyse

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  2. pierre jean haure

    Bravo Loic.

    Réponse

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